Le PPAAO, satisfait du premier broyeur fourrager au Sénégal

broyeur-fourragerVélingara (Kolda), 18 mai (APS) - La coordonnatrice du Programme de productivité agricole en Afrique de l’Ouest (PPAAO), Marietou Diawara a dit, jeudi, sa satisfaction du premier broyeur fourrager destiné à la fabrication d’aliments de betails et de volaille au Sénégal.

"J’ai beaucoup de satisfaction et c’est vraiment ce qu’on recherche à travers cet échange de transfert de technologie régionale poursuivi par le PPAAO", a-t-elle dit après une séance de démonstration du fonctionnement et des fonctionnalités de la machine.

C’était à l’occasion de la visite effectuée à Kabendou, dans le département de Vélingara par une délégation faite de fonctionnaires de la Banque mondiale et du PPAAO.

La mission s’est rendue à l’atelier de l’artisan Diack Ba, constructeur métallique autodidacte et fabricant du premier broyeur fourrager au Sénégal, sur la base du modèle importé au Niger. Un modèle qu’il a considérablement amélioré par rapport au prototype initial.

Dans sa présentation de la machine, Diack Ba est revenu largement sur la "pertinence" des modifications effectuées sur le modèle nigérien faisant que le premier broyeur fourrager sénégalais est "unique en son genre".

D’abord, "le matériel qui a été utilisé pour réaliser le broyeur nigérien était certes bien, mais j’ai constaté que je pouvais mieux faire", a-t-il indiqué, expliquant avoir augmenté l’épaisseur des tôles de 3 à 5 cm pour "éviter les vibrations" qui peuvent à la longue, endommager tout le dispositif.

"Pour ce qui est de la puissance du moteur, on est passé de 7 à 24 chevaux, soit 220 tours par minute au lieu de 160 tours", a ajouté M. Ba, précisant que cette augmentation de vitesse permet d’éviter le "bourrage du moteur" tout en augmentant la production.

Concernant l’approvisionnement de la machine, il a rappelé que les machines nigériennes sont équipées de deux trémies à savoir le dispositif de passage des matières solides à broyer. Diack Ba a renseigné que son modèle, par contre, "n’est doté que d’une seule trémie équipée d’un mécanisme de levier qui permet d’avoir les deux options".

"Toutes ces améliorations ont fait que cette machine peut broyer actuellement 450 kg de tiges par heure et 700 kg de céréales par heure", a-t-il fait remarquer.

Diack Ba a également démontré aux visiteurs que sa machine, dotée de pneus, d’une caisse à outils et d’un siège passager, peut être tractée pour plus de mobilité.

A l’issue de ces explications, il est passé à la pratique en faisant broyer quelques tiges devant l’assistance, suscitant des applaudissements. Diack Ba a réalisé sa machine grâce à l’appui financier du Fonds national de développement Sylvio pastoral (FNDASP) et du PPAAO.

"Cette réalisation traduit l’esprit recherché à travers le transfert de technologie et qu’on n’avait pas sur le terrain", a souligné la coordonnatrice du PPAAO, invitant son équipe et ses partenaires à réfléchir sur les opportunités à saisir dans la fabrication de ce broyeur.

MK/PON